Faut-il connaitre le solfége pour jouer de la musique et composer ?

En voilà une question difficile ! Et je vous avoue m’être arraché les cheveux en rédigeant cet article tant les différentes approches et écoles concernant le sujet différent et se tiennent. Alors qu’en est il ? Faut il vraiment avoir des bases solides en solfège pour créer de la musique ? C’est ce que nous allons voir dans cet article. 

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Mais avant de commencer quoi que ce soit, définissons ensemble ce qu’est le solfège.

Selon notre ami Wiki, le solfège est l’étude des éléments permettant de lire, écrire, jouer ou chanter une partition.

Seulement voilà, il est tout à fait possible de faire de la musique, créer des chansons et progresser dans son instrument sans avoir aucune notion de solfège et sans avoir recours à la partition. Les meilleurs exemples à citer sont les guitaristes de légendes Jimi Hendrix et Stevie Ray Vaughan. Sans aucunes notions musicales, ils ont tout de même réussi à révolutionner le monde de la musique et ériger la guitare au rang d’instrument mythique ! De plus, de nombreuses personnes jouent aujourd’hui admirablement bien d’un instrument, sans avoir jamais mis les pieds dans une école de musique.

Alors  pourquoi aller perdre son temps à apprendre le solfège ? La question est légitime et mérite d’être posée. Fondamentalement, je dirai que ces personnes qui entretiennent une approche instinctive de la musique ont tout à fait raison : il n’est pas nécessaire de connaître la signification de « gamme mineur harmonique », « mode myxolydien », ou « septième diminuée » pour pouvoir composer. Après tout improviser une mélodie entraînante dans sa tête constitue déjà en soi une composition.

Certaines de ces personnes vont même parfois plus loin dans leur raisonnement en affirmant que les connaissances théoriques peuvent être nuisibles à la composition et à l’inspiration. En effet, trop soucieux d’intellectualiser leur musique, les « théoriciens » se retrouvent à se cantonner à des règles préétablies, donnant ainsi naissance à une musique trop lisse et conventionnelle. Et ce reproche est tout à fait légitime car j’ai moi-même été (et suis toujours parfois) victime de ce travers.

Cependant, la théorie de la musique si effrayante pour de nombreuses personnes, peut se révéler très utile. En effet, maîtriser le solfège permet de :

  • Connaître une langue supplémentaire : Une partition est un langage universel, vous pouvez en effet communiquer avec la terre entière par l’intermédiaire des notes et de la musique !
  • Etre sûr de ne pas vous planter dans vos improvisations
  • Vous aidez dans votre composition en vous permettant par exemple de trouver le dénouement d’une suite d’accords que vous ne parviendrez pas à conclure en temps normal
  • Comprendre précisément les techniques utilisées par vos artistes préférés afin de pouvoir les reproduire
  • Vous aidez à retrouver un morceau à l’oreille : si vous avez par exemple des difficultés à repérer un accord au milieu d’un morceau, la théorie peut vous y aider par la connaissance de la tonalité générale.
  • Eviter le syndrome de la page blanche musicale
  • Progresser et composer beaucoup plus rapidement et efficacement

Je dirai donc pour résumer que le solfège et la théorie sont de formidables outils en faveur, et au service de la musique. Certes ils ne sont pas indispensables en soi et peuvent engendrer certains travers, mais ce sont d’extraordinaires atouts dont il serait vraiment dommage de se priver. Une personne maitrisant des notions de solfège possède un avantage certain en composition par rapport à une personne non initiée.

Prenons une petite image comparative pour illustrer mon propos en rapportant la musique à la danse : il est tout à fait possible d’être un très bon danseur sans avoir jamais pris de cours de danse. Cependant, la connaissance de certains pas de danses et de chorégraphies constitue un atout considérable et vous seront toujours utiles pour affiner votre style. La théorie, c’est exactement la même chose : elle constitue les pas de danses qui vous permettront d’être toujours dans le coup tout en vous constituant un bagage technique non négligeable.

Alors pourquoi s’en priver ?

Et vous qu’en pensez-vous ? N’hésitez pas à réagir sur cet article, surtout si vous aussi vous aimez la danse, le solfège et Kamel Ouali. ;)

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10 commentaires


  • Tpm

    Super Alex, nous sommes tous derrière toi.
    Ton article est super, continue comme ça !

    Répondre

  • Gym3000

    tout à fait d’accord avec toi Alex, maîtriser le solfège est un excellent atout pour tous ceux qui souhaitent se lancer dans la composition.
    Saurais-tu s’il existe de grands compositeurs qui ont réussi dans le milieu sans avoir une seule base en solfège?

    Répondre

  • FIX

    En effet, Alex a déjà répondu à la question posée parGym3000 et bien que la question semble tonique, il affirme dans son article que des compositeurs sans aucune notion musicale ont révolitionné le monde de la musique. Notons bien, sans aucune notion musicale..

    Répondre

  • Bernard the Detroiter

    Je suis assez d’accord avec toi
    Puisque je suis un faux-profane en solfège, j’ai baigné dedans et bien sur ça m’a grandement influencé. Mais j’aime assez le caractère désorganisé de mes compositions (très peu ambitieuses) cependant il me manque la méthode, la logique qui rendrait mon travail beaucoup plus efficace. C’est donc par recherche d’efficacité que je me tourne petit à petit vers le solfège (aidé par ton blog ;) mais je pense que certaines personnes refuseront délibérément de se plier à cela et il ne faut pas trop leur en tenir rigueur parfois l’expression brute, l’intuition et l’expérimentation valent mieux que l’intelectualisation. Mais tu as raison le solfège est avant tout un langage.

    Répondre

    • Alex

      Je suis tout à fait d’accord avec toi Bernard!

      J’admire aussi ces gens jouant une musique “brut” réalisée juste par la force de leur intuition et de leur sensation. C’est clairement le meilleur moyen pour développer sa créativité. Après voila, si en plus de ce côté naturel tu arrives à connaître la logique de la musique et à devenir plus efficace et précis dans la progression de tes compositions grâce au solfège, tu deviendras alors un maître jedi :D

      Je pense qu’il faut trouver un juste milieu entre ces deux écoles et considérer plus le solfège comme un outil complémentaire à l’expression brut de la musique (comme tu le dis si bien), plutôt qu’à un frein à la créativité. :)

      Répondre

  • Frédéric

    Comme beaucoup de guitaristes, je ne suis pas très bon en solfège, et ça m’a longtemps embêté; plus maintenant!

    D’abord, opposer les musiciens avancés en connaissances musicales écrites à J. Hendrix et SRV n’est pas approprié: ces derniers jouaient du blues, qui est une musique codifiée, certes compexe, mais qui fait la part belle à l’expression scénique et à l’expressivité (oui je sais, il y a l’album Electric Ladyland …). Je pense qu’il y a confusion entre les connaissances musicales, c’est-à-dire l’ensemble des savoirs que l’on peut mobiliser pour créer, et la connaissance du solfège. La musique européenne est basée sur l’écrit, la ‘note’, ce qui n’est pas le cas d’autres musiques, comme les musiques indiennes ou africaines. La supériorité de la musique écrite a tenu au fait qu’on pouvait la diffuser largement à partir du papier, à une époque où l’enregistrement était inconnu. par ailleurs, c’est le seul moyen de faire jouer l’œuvre d’un seul à vingt ou trente musiciens simultanément.

    Donc, à mon avis, on ne doit pas sous-estimer les connaissances acquises par l’écoute.

    Cela dit, attention, bien souvent on entend ce que l’on comprend: un musicien autodidacte peut jouer tel ou tel air avec deux ou trois accords, en s’imaginant tenir l’essentiel d’un morceau, et il passe à côté de la vraie interprétation.
    Par ailleurs, le solfège rythmique donne des bases qui servent à l’interprétation, mais aussi à l’écoute, et tout ça sert à mieux écouter nos musiques… .

    En résumé, le solfège n’est pas indispensable à la composition, mais ça peut aider, et ça participe à la culture des musiciens, alors c’est bien de s’y mettre un peu, non?

    Répondre

  • Guilleminot C.

    La musique a existé longtemps avant d’être théorisée, écrite, structurée…
    Elle a parfois été l’expression de la langue parlée à travers les instruments : par exemples les tambours parlant d’Afrique de l’Ouest.

    Beaucoup de langues africaines sont tonales, c’est-à-dire qu’un /a/ n’a pas le même sens selon sa hauteur par rapport à son environnement. Pour communiquer sur de longues distances, les Africains ont conçu des tambours permettant de produire les tons et par la même un langage simplifié. Ceci a donné son caractère étonnant et toute sa complexité aux rythmes issus de ces techniques africaines, qui une fois détachés des langues originales ont pu évoluer indépendamment et exprimer la musique africaine contemporaine bien sûr, mais le blues, le jazz, la musique afro-cubaine et leurs multiples variantes qui ont conquis le monde entier à partir du début du XXe siècle.

    Il n’y a pas contradiction car l’on observe de nombreux exemple où une simplification dans un domaine est à l’origine d’une complexification dans les domaines voisins. Les mathématiques sont une source pour ce type d’observations.

    Répondre

  • Djaphkah

    Perfect!

    Répondre

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