Les modes en musique (4/4): Utilisation pratique des modes

Quatrième et dernière partie de mon dossier sur les modes en musique. Après la théorie place à la pratique ! A travers un tutoriel vidéo, nous allons voir comment utiliser concrètement les modes pour composer et improviser.

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.Note: Cette vidéo est issue de ma formation en ligne “Solfège Pratique“. Cette formation est composée de 60 vidéos pour plus de 30 heures de contenu. Elle a pour but de vous apprendre tout le solfège (lire une partition, comprendre les rythmes, maîtriser les gammes et les accords, apprivoiser l’harmonie…) de manière simple et ludique. Pour en savoir plus sur cette formation, cliquez ici.

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Les grands points de la vidéo

Avant de regarder la vidéo, soyez sûrs d’avoir bien lu (et compris) les parties précédentes du dossier:

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I / Ecouter les modes

– Dans un premier temps, nous allons vous rejouer les modes afin que vous les ayez bien dans l’oreille. Comme vous le savez, chaque mode a une couleur qui lui est propre. Au-delà de la théorie, il est donc très important que vous soyez en mesure de les reconnaître de façon pratique, c’est-à-dire à l’oreille.

– Il existe trois types de modes : le mode majeur, le mode mineur et le mode locrien qui est à part car il est diminué. Aujourd’hui, nous allons nous intéresser aux modes les plus courants : le mode majeur et le mode mineur.

– Pour que vous entendiez bien leur sonorité, on va les comparer entre eux: c’est-à-dire que l’on va jouer les modes majeurs les uns par rapport aux autres et les modes mineures les uns par rapport aux autres.

1) Les modes majeurs

  • Le mode Ionien. Pas de surprise, vous connaissez cette sonorité puisqu’il s’agit de la gamme majeure. Le mode ionien a une sonorité joyeuse.

Exemple sonore: La gamme de Mi Majeur (4 dièses à la clé)

  • Le mode Lydien. Mode 4 (aussi appelé mode de Fa). Note caractéristique : la quarte augmentée car c’est la seule qui diffère du mode ionien. (Donc ici il s’agit du La#). C’est cette note qui va donner au mode sa sonorité caractéristique. Le mode lydien a une couleur assez mystérieuse et fantastique.

Exemple sonore: Le mode de Mi Lydien

  • Le mode Mixolydien. Mode 5 (ou mode de Sol). Note caractéristique : la septième mineure (ici le Ré bécarre). Ce mode a une sonorité blues.

Exemple sonore: Le mode de Mi Mixolydien

2) Les modes mineurs

  • Le mode Aéolien. Mode 6 (mode de La). Là encore vous connaissez déjà cette sonorité puisqu’il s’agit de la gamme mineure naturelle. Sa sonorité est plutôt mélancolique.

Exemple sonore: La gamme de Mi Mineur (1 dièse à la clé).

  • Le mode Dorien. Mode 2 (mode de Ré). Note caractéristique : la sixte majeure car c’est la seule note qui diffère du mode aéolien (donc ici il s’agit du Do#). Il a une sonorité jazzy.

Exemple sonore: Le mode de Mi Dorien

  • Le mode Phrygien. Mode 3 (mode de Mi). Note caractéristique : la seconde mineure (ici le Fa bécarre). Ce mode a une couleur espagnole.

Exemple sonore: Le mode de Mi Phrygien

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II / Utiliser les modes pour composer

1) Envisager un mode comme une tonalité

– Chaque mode possède sa propre sonorité, au même titre que chaque type de gamme (majeure, mineure naturelle, mineure harmonique etc…) possède sa propre sonorité. De ce fait, pour composer vous pouvez très bien envisager un mode comme une tonalité à part entière. Au lieu de construire votre morceau à partir d’une tonalité majeure ou mineure, vous pouvez donc le construire à partir d’un mode.

C’est exactement ce qu’on fait les Daft Punk avec le morceau “Get Lucky”. Ils l’ont construit autour du mode de Si Dorien.

2) Moduler vers un mode

– Dans l’exemple précédent, nous avons défini un mode comme tonalité. C’est-à-dire que tout le morceau était construit autour d’un mode. Mais vous pouvez aussi moduler vers un mode. Pour rappel, la modulation, consiste à changer de tonalité au cours d’un morceau (d’ailleurs pour lire mes articles sur le sujet, c’est par ici que ça se passe). Donc plutôt que de changer de tonalité pour une autre tonalité, vous pouvez changer de tonalité pour un mode.

– Si vous êtes au sein d’une tonalité majeure, vous pouvez moduler vers l’un des deux modes majeurs, et si vous êtes au sein d’une tonalité mineure, vous pouvez moduler vers l’un des deux modes mineurs.

C’est par exemple ce qu’on fait les Beatles au cours de leur morceau “Hey Jude”. Ils ont modulé de la tonalité de Fa Majeur vers le mode de Fa Mixolydien.

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III / Utiliser les modes pour improviser

– Rappels sur l’improvisation:

  • Lorsque vous êtes au sein d’une tonalité majeure, vous pouvez utiliser la gamme pentatonique majeure et la gamme majeure  pour improviser.
  • Lorsque vous êtes au sein d’une tonalité mineure, vous pouvez utiliser la gamme pentatonique mineure, la gamme blues, la gamme mineure et les différents types de gammes mineures (harmoniques et mélodiques) pour improviser. (Si vous souhaitez en savoir plus sur les différents types de gammes mineures, n’hésitez pas à lire mon article sur le sujet en cliquant ici).

– Vous allez maintenant pouvoir ajouter une nouvelle arme à votre arsenal : les modes ! Pour cela rien de plus simple: si vous êtes au sein d’une tonalité majeure, vous pouvez utiliser l’un des deux modes majeurs (mode Lydien et Mixolydien) pour improviser et si vous êtes au sein d’une tonalité mineure vous pouvez utiliser l’un des deux modes mineurs (mode Dorien et Phrygien).

Exemple 1: On a une suite d’accords en La Majeur (LaM / MiM). Il est possible d’utiliser la gamme de La pentatonique majeure, la gamme de La Majeur, et les modes de La Lydien et La Mixolydien pour improviser dessus.
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Exemple 2: On a une suite d’accords en La Mineur (Lam / Rém), il est possible d’utiliser la gamme de La pentatonique mineure, la gamme blues de La, la gamme de La Mineur naturelle, la gamme de La Mineur harmonique, la gamme de La Mineur mélodique et les modes de La Dorien et La Phrygien pour improviser dessus.
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Attention
: Il a été possible de faire sonner toutes ces gammes et tous ces modes sur le même accompagnement car ce dernier est simple (seulement deux accords).  Mais plus votre accompagnement sera élaboré, et plus vos possibilités seront restreintes.  Il faut en effet éviter les dissonances provoquées par les notes séparées d’un demi ton. (Par exemple, si vous avez un accord de Lam dans votre accompagnement, il vaut mieux éviter de jouer par au dessus un Sol# ou un La#).

– C’est pour cette raison qu’on utilisera souvent les modes pour improviser uniquement au dessus de suites d’accords simples. Ou alors, il est possible de contourner le problème en faisant comme les jazzmen: utiliser un mode différent pour chaque accord de la suite. (Mais cela requiert un niveau de connaissances et de pratique très élevé).

– Quoi qu’il arrive, le plus important reste d’expérimenter. Jouez tous les modes par-dessus votre suite d’accords (même les mineurs sur une suite d’accords majeure et inversement), et fiez-vous à votre écoute. Si vous trouvez qu’à l’oreille ça sonne bien, c’est bien là l’essentiel.

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8 commentaires


  • Hamid

    Un grand merci cher Alex c est gentil de votre part j ai compris pas mal de astuces en musique grâce à votre partage de votre précieux savoir en ce domaine mes salutations Hamilton

    Répondre

  • Gilles

    merci Alex, très didactique, j’entrevoie la lumière!!!

    Répondre

  • lefebvre dany

    Merci infiniment Alex pour toutes vos précisions sur les modes. Tout est très bien expliqué, clair. J’ai appris
    beaucoup de choses à travers vos explications. Je ne connaissais pas ce domaine mais maintenant grâce à votre savoir faire, ce n’est plus un secret pour moi. Très intéressant. Merci pour votre partage. Votre sympathie me va droit au cœur. Dany.

    Répondre

  • Pham Sylvie

    Votre pédagogie est vraiment formidable. Une nouvelle approche très précieuse qui m’ouvre de nouvelles portes. Merci pour votre générosité

    Répondre

  • Vlad

    Merci Alex, j’avais déjà commencé à me renseigner sur les modes sans forcément comprendre comment m’en servir. Grâce à ta série d’articles j’y vois bien plus clair à présent.

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  • Mikati

    Grand grand merci Alex
    A très bientôt
    Bonne journée
    Hassan

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  • Jean-Marc

    Très pédagogique et très claire, cette présentation à deux.
    Bravo et merci.

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